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Pour une culture entrepreneuriale forte et… féminine

Entrepreneuriat Montréal,
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Comment favoriser une culture entrepreneuriale forte au Québec? Comment inciter plus de jeunes et de femmes à devenir entrepreneurs? Ce sont quelques-unes des questions qui ont nourri la réflexion de la Caisse dans l’élaboration de nombreuses initiatives entrepreneuriales dans les dernières années. L’entrepreneuriat est aujourd’hui une priorité au cœur de la stratégie de la Caisse pour le Québec. Les initiatives lancées font bouger l’aiguille des intentions d’entreprendre. Discussion avec Michèle Boisvert.

La Caisse | Pourquoi faire de l’entrepreneuriat une priorité pour la Caisse?

Michèle Boisvert | Parce que les entrepreneurs sont un des moteurs importants de l’économie québécoise. Ils contribuent par leurs idées, leur dynamisme et leur innovation à notre économie.

C’est pour cette raison qu’en 2014 nous avons réuni une quarantaine d’entrepreneurs de différentes industries, de différentes générations et de différentes régions du Québec pour réfléchir à ce que nous pourrions faire pour créer une culture entrepreneuriale plus forte au Québec. Ces échanges avec les entrepreneurs ont permis de dégager des priorités d’action que la Caisse s’est engagée à mettre en œuvre.  

Une de ces actions concrètes est le lancement de Devenir entrepreneur, une plateforme d’inspiration et d’information qui explore les multiples facettes, les défis et les bonheurs du métier d’entrepreneur. Cette initiative, créée en collaboration avec le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale, cible les jeunes pour leur donner le goût d’entreprendre.

La Caisse | Croyez-vous que les différentes initiatives entrepreneuriales mises en place par la Caisse et d’autres intervenants dans l’écosystème entrepreneurial ont fait bouger les choses?

Michèle Boisvert | Oui, absolument. Les chiffres le démontrent clairement. Selon l’Indice entrepreneurial québécois, les intentions d’entreprendre au sein de la population en général sont passées de 7 % à 21 % de 2009 à 2017. C’est le fruit d’un effort concerté.

Une donnée plus réjouissante encore : les jeunes de 18 à 34 ans sont plus de 41 % à considérer l’entrepreneuriat comme choix de carrière. C’est près d’un jeune sur deux. C’est vraiment encourageant, parce que nous partions de loin. En 2009, ils n’étaient que 15 % à penser entreprendre. 

Bien que ces chiffres soient positifs, il ne faut surtout pas s’asseoir sur nos lauriers. Il faut continuer à stimuler l’émergence de nouvelles entreprises. Il faut aussi accompagner les hommes et les femmes qui ont fait le grand saut, qui sont passés des intentions à l’action, pour que cette nouvelle pousse entrepreneuriale survive et croisse.

La Caisse | Dans les derniers mois, vous avez visité plusieurs régions du Québec pour présenter notamment les données du dernier Indice entrepreneurial québécois 2017. Quels sont les principaux constats qui ressortent de cette étude annuelle?

Michèle Boisvert | L’Indice entrepreneurial québécois 2017 a porté son regard particulièrement sur l’entrepreneuriat féminin. Historiquement, le nombre de femmes qui choisissent d’entreprendre a été inférieur à celui des hommes. L’étude réalisée l’an dernier démontre un phénomène de rattrapage parmi la jeune génération.

En effet, chez les 18-34 ans, 42,8 % des entrepreneurs sont des femmes, comparativement à 34,6 % chez les 55 ans et plus. Chez les nouveaux entrepreneurs en 2017, 51,4 % sont des femmes. C’est une tendance qui se cristallise auprès de la nouvelle génération, et nous devons nous assurer d’appuyer les femmes qui sont de plus en plus nombreuses à entreprendre.

La Caisse | Quels sont les autres éléments dignes de mention dans cette étude?

Michèle Boisvert | Deux points importants pour moi ressortent de l’étude. Pour une femme qui souhaite entreprendre, provenir d’une famille déjà en affaires est une donnée importante. Cela augmente de près de 83 % la probabilité qu’elle détienne une entreprise dans l’avenir. Autant pour les femmes que pour les hommes, les études universitaires sont également un facteur qui contribue activement à la probabilité de se lancer en affaires.

Mais au-delà de ces éléments, il y a un constat qui m’apparaît incontournable : une fois la décision prise de se lancer en affaires, une femme n’est pas différente d’un homme dans son ambition, dans sa volonté de réussite et dans sa prise de risque. Là où nous devons agir, c’est au point du passage à l’action. Il faut l’aider à vaincre ses hésitations pour qu’elle puisse se lancer avec plus de confiance.

La Caisse | Cette étude nous rappelle que les femmes ont tendance à mettre l’accent sur la contribution sociale de leur entreprise. Pourtant, l’entrepreneuriat est souvent vu comme une activité où la prise de risque et la volonté de « faire de l’argent » ont priorité. Est-ce que nous gagnerions à orienter le discours vers des modèles entrepreneuriaux qui accordent une importance au volet social?

Michèle Boisvert | Tout à fait. Au fil de mes rencontres avec des entrepreneures partout au Québec, beaucoup d’entre elles m’ont parlé de l’importance de faire des affaires tout en contribuant à leur communauté. C’est quelque chose qui parle aux femmes.

Une première étape serait de donner de la visibilité à des modèles qui correspondent mieux aux valeurs portées par les femmes qui se lancent en affaires; des modèles qui nous permettent de dépasser l’unique réussite financière ou la reconnaissance sociale. Cette visibilité serait avantageuse pour les entrepreneures, mais aussi pour l’entrepreneuriat dans son ensemble.

Bref, si on redéfinissait l’idée du succès pour qu’elle comprenne l’impact social des entreprises, davantage de femmes et de jeunes seraient inspirés à passer à l’action.

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Michèle Boisvert présentant les résultats de l’Indice entrepreneurial québécois 2017 à Saguenay.
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Michèle Boisvert présentant les résultats de l’Indice entrepreneurial québécois 2017 à Saguenay. En arrière-plan, Laure-Gabrielle Chatenet de UX-co, Mélanie Paul de Granules LG et Natasha Tremblay du Centre de bien-être psychologique, trois entrepreneures locales qui y ont partagé leur expérience entrepreneuriale.

La Caisse | Est-ce que la Caisse compte jouer un rôle particulier pour stimuler l’entrepreneuriat féminin au Québec?

Michèle Boisvert |  Nous cherchons toujours les meilleurs moyens d’avoir un impact structurant sur l’économie du Québec. L’entrepreneuriat féminin est un créneau dans lequel nous voulons jouer un rôle actif. Nous sommes convaincus qu’amener plus de femmes à entreprendre et à faire croître leur entreprise permettra de créer de la valeur. D’ailleurs, notre Rapport d’investissement durable publié en avril 2018 présente les actions de la Caisse pour accroître la place des femmes en affaires. Cela passe bien sûr par l’entrepreneuriat, mais aussi par une présence féminine accrue dans le monde de la finance, ainsi qu’au sein de la haute direction des entreprises et de notre organisation.

Femmes en affaires

Pour en savoir davantage sur les initiatives de la Caisse pour favoriser une présence accrue des femmes en affaires et en entrepreneuriat, consultez notre Rapport d’investissement durable.

Devenir entrepreneur

Pour en savoir davantage sur l’initiative Devenir entrepreneur, consultez le site devenirentrepreneur.com.

Impact de la Caisse au Québec

Pour en savoir davantage sur les impacts de la Caisse au Québec, consultez la page Impact de la Caisse au Québec.

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